À quoi ressemblera l'avenir du voyage ? Perspectives exclusives de Hon Lam d'Air Canada
L'avenir du voyage : Hon Lam d'Air Canada répond aux questions : voyager après la COVID-19, preuve d'assurance maladie, bulles de voyage. Lisez la suite !
Révisé par un conseiller agréé

Avertissement : cet entretien a été réalisé avant le report de deux semaines de la bulle de voyage entre Hong Kong et Singapour. Les perspectives suivantes reflètent les informations dont nous disposions le 17 novembre.
Alors que le monde est confronté à la pandémie de COVID-19, les voyages internationaux ont été largement suspendus. Les pays s'efforcent toutefois de mettre en place des bulles de voyage afin de rendre les voyages de nouveau plus faciles, mais aussi plus sûrs.
À quoi ressemblera l'avenir du voyage ? Nous interrogeons Hon Lam, vétéran de l'industrie aéronautique et directeur général d'Air Canada pour Hong Kong et la Chine méridionale, sur les bulles de voyage, les nouvelles exigences sanitaires et la mesure dans laquelle la pandémie modifiera profondément notre façon de voyager en avion.
1 – Maintenant que nous avons une date officielle (le 22 novembre) pour la bulle de voyage Singapour-Hong Kong, est-il probable que d'autres bulles de voyage puissent être mises en place avant Noël ?
Hon Lam : Je suis convaincu que certaines de ces bulles pourront être mises en place avant Noël. De nombreuses approbations réglementaires et des tests sont nécessaires, et les arrangements doivent être réciproques entre les pays. Les gouvernements et autres parties prenantes clés (offices du tourisme, prestataires médicaux, compagnies aériennes) doivent prouver qu'il existe des alternatives sûres et scientifiques aux quarantaines généralisées, qu'il s'agisse d'un test négatif avant le départ ou à l'arrivée, de certificats de vaccination, d'une assurance maladie ou du traçage des contacts. L'annonce récente de la bulle Hong Kong-Singapour est un bon exemple de l'utilisation de tests négatifs pour remplacer la quarantaine à l'arrivée, ce qui a déjà suscité un grand intérêt sur le marché car cela pourrait servir de banc d'essai pour de futures bulles avec d'autres pays.
Noël approche à grands pas et ces bulles pourraient être le plus beau des cadeaux pour tout le monde ; les familles ont besoin d'être réunies et l'économie doit reprendre.
2 - Quelles sont les nouvelles mesures sanitaires prises par les compagnies aériennes ?
Hon Lam : Les compagnies aériennes se concentrent de manière absolue sur la mise en œuvre de mesures de biosécurité à chaque point de contact du parcours client.
Air Canada a lancé un programme de biosécurité (SoinPropre+) et a été la première compagnie aérienne à imposer le port du masque à tous les passagers et à notre personnel de première ligne, avec l'appui d'un contrôle thermique à l'aéroport. Nous avons également déployé l'enregistrement des bagages sans contact (TouchFree Bag Check), ainsi que des files d'attente virtuelles pour minimiser l'attente physique aux comptoirs d'assistance des aéroports, de nouvelles séquences d'embarquement, ainsi que des kits de soins gratuits comprenant des masques de protection, des gants et du désinfectant pour tous nos clients.
À bord des avions, nous utilisons un pulvérisateur de désinfectant électrostatique pour assainir les coffres à bagages, les boucles de ceintures de sécurité, les stores de hublots, les écrans individuels, les accoudoirs et les parois latérales. Les oreillers et les couvertures sont emballés et scellés.
Nous avons également introduit des conditions de réservation flexibles. Les passagers seront informés si leur vol est relativement complet et se verront proposer de réserver à nouveau sur un vol moins fréquenté, sans frais supplémentaires. Au sein d'Air Canada, nous avons entamé une série de collaborations avec des cliniques canadiennes pour proposer des tests rapides dans les aéroports, et nous avons mené des tests volontaires sur les arrivées internationales à l'aéroport de Toronto, dont les résultats préliminaires suggèrent qu'un test négatif à l'arrivée peut devenir une alternative à la quarantaine actuelle de 14 jours.
3 - Quel sera, selon vous, le plus grand changement dans la façon de voyager après la pandémie ?
Hon Lam : Nous constatons déjà des changements dans les raisons pour lesquelles les gens voyagent et dans leur façon de voyager. Tant que des restrictions d'entrée ou des obligations de quarantaine subsistent dans le pays d'origine ou de destination, les voyages se limiteront aux visites cruciales aux amis et à la famille. Une fois que toutes les restrictions auront été assouplies des deux côtés, nous pouvons nous attendre à une augmentation soudaine de la demande de la part des personnes rendant visite à leurs proches, suivies par les vacanciers. Les voyages d'affaires reprendront, car nos clients nous disent que les réunions virtuelles ne remplaceront jamais les rencontres en face à face, mais cela prendra plus de temps car de nombreuses entreprises manquent de liquidités et resserrent leurs politiques de voyage.
Après la COVID, les gens se concentreron davantage sur les risques pour la santé et la sécurité liés à leur voyage. Des informations claires, fiables et en temps réel sur les assurances maladie, les protocoles de biosécurité des compagnies aériennes, ainsi que les alertes réglementaires et médicales de votre pays de destination seront le premier point de passage pour quiconque planifie un voyage, plutôt que les guides touristiques sur papier glacé ! Vous voudrez savoir, par exemple, si ou comment votre mobilité à destination peut être affectée, quelles sont les infrastructures de santé, les restrictions d'entrée, les politiques de billetterie et de biosécurité des compagnies aériennes, la disponibilité des vols, etc. Les gens passeront beaucoup plus de temps à faire des recherches avant tout voyage, et il y aura une réelle soif d'informations facilement accessibles. Les souvenirs de chaque expérience de voyage seront précieusement gardés en mémoire, car ils deviendront plus précieux.
4 - Les gens voudront-ils plus d'espace entre les sièges d'avion après des mois de distanciation sociale forcée ?
Hon Lam : L'espace personnel est important, et de nombreuses compagnies aériennes ont continué à espacer au maximum leurs passagers. Mais la distanciation sociale en vol n'est qu'une précaution supplémentaire, car la circulation de l'air dans un espace public normal au sol (sauf dans les hôpitaux) est très différente de celle qui règne à l'intérieur d'un avion. Les systèmes de flux d'air des avions, équipés de filtres HEPA (haute efficacité pour les particules aériennes), filtrent 99,97 % des particules et virus en suspension dans l'air ; la barrière naturelle du dossier des sièges, le flux d'air dirigé vers le bas (et non horizontalement) et les taux élevés de renouvellement total de l'air de la cabine toutes les trois minutes réduisent efficacement le risque de transmission de maladies à bord. La plupart des compagnies aériennes imposent également à tous leurs passagers et à l'équipage le port du masque de protection, ce qui réduit encore davantage les risques.
En fait, l'Association internationale du transport aérien (IATA) a démontré la faible incidence de transmission de la COVID-19 en vol : « Depuis le début de l'année 2020, 44 cas de COVID-19 ont été signalés dans lesquels on pense que la transmission a été associée à un voyage en avion (y compris les cas confirmés, probables et potentiels). Au cours de la même période, quelque 1,2 milliard de passagers ont voyagé. » Ils ont en outre conclu que « l'obligation de porter un masque dans le contexte de la pandémie apporte une protection supplémentaire très importante, qui rend le fait d'être assis à proximité les uns des autres dans la cabine d'un avion plus sûr que la plupart des autres environnements intérieurs ».
5 - Prévoyez-vous que les pays et les compagnies aériennes exigent des voyageurs qu'ils présentent une preuve d'assurance maladie ?
Hon Lam : Nous entrons dans une ère où la preuve de vaccination ou des tests négatifs deviendront le nouveau visa d'entrée. L'assurance maladie peut également faire partie de ce nouveau régime, d'autant plus que la situation liée à la COVID peut évoluer très rapidement dans de nombreux pays. L'assurance maladie allège non seulement la charge financière et les inquiétudes du voyageur, mais aussi la pression sur le système de santé du pays de destination.
En fait, Air Canada offre actuellement une assurance maladie gratuite à tous les résidents canadiens qui réservent un itinéraire en dehors du Canada. Nous voulons donner aux gens la tranquillité d'esprit : même s'ils étaient testés positifs à l'arrivée à leur destination, leurs frais médicaux et de quarantaine liés à la COVID seraient couverts. L'assurance maladie est gratuite et automatiquement ajoutée pour les clients d'Air Canada qui réservent des billets aller-retour au départ du Canada, pour des voyages jusqu'en avril 2021.
6 - Où les gens se rendront-ils lorsque les restrictions seront assouplies / qu'un vaccin contre la COVID-19 sera disponible ?
Hon Lam : Je pense que les gens s'empresseront de rendre visite à leurs amis et à leur famille à l'étranger ; cela sera suivi d'un séjour bien mérité dans l'une des villes voisines, en commençant par des voyages plus courts dans un premier temps (Asie du Sud-Est, Japon, etc.), car les gens ont besoin de temps pour retrouver la confiance nécessaire pour voyager dans cette nouvelle normalité. Cette pandémie nous a tous poussés à repenser nos priorités de vie et pour beaucoup de gens, le temps passé en famille est la priorité absolue, il n'est donc pas surprenant que les gens rendent visite à leurs amis et à leur famille perdus de vue depuis longtemps dès que les restrictions seront assouplies.
7 – Un conseil pratique que vous aimeriez partager avec les voyageurs ?
Hon Lam : Étant donné que la COVID a tendance à évoluer très rapidement, prévoyez toujours un plan de secours lorsque vous voyagez. Il se peut que vous deviez écourter ou prolonger votre voyage. Assurez-vous d'avoir les ressources financières, les assurances nécessaires et de prévoir du temps supplémentaire si votre voyage est prolongé.

Écrit par
Amélie Dionne-Charest
Co-fondateur & PDG


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